Création du 2 au 20 mai 2006 à Saint-Gervais Le Théâtre (Genève)

De Marielle Pinsard / Jeu et mise en scène Oscar Gómez Mata / Avec Michèle Gurtner et Barbara Schlittler / Assistantes à la mise en scène Esperanza López et Delphine Rosay / Scénographie et lumières Michel Faure / Son Serge Amacker / Costumes Isa Boucharlat / Vidéo Francesco Cesalli et Damien Plandolit / Administration, production et diffusion Barbara Giongo

Coproduction Théâtre Saint-Gervais Genève, Compagnie  L’Alakran et Far° – Festival des Arts vivants (Nyon)
Avec le soutien du Département des Affaires culturelles de la Ville de Genève, du Département de l’Instruction publique du Canton de Genève, de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture et de l’Organe genevois de répartition et de la Loterie Romande

 

Dans la vie il y a des groupes
Les choses vont ensemble par analogie
Forment des ensembles naturels
Par exemple je dis
Audi-blonde-labrador
Ça fonctionne
Mais je ne peux pas dire
Chirurgien-Fiat-HLM

Marielle Pinsard et Oscar Gómez Mata partagent le même désir de proposer au spectateur une place de théâtre et non un fauteuil, de faire en sorte que les gens soient obligés de se demander ce qu’ils font là.

Pinsard, par ses textes, et Gómez Mata, par ses mises en scène, tendent un miroir à leur public sans que celui-ci ne se sente forcément obligé de s’y mirer. On se reconnaît (ou pas), on aime notre reflet (ou pas)… ce va-et-vient permet la construction de spectacles et de performances qui racontent les atermoiements de notre quotidien, les dynamise, les poétise pour mieux les envoyer bouler, cul par-dessus tête.

Posé sur scène, un expert de l’estomac parle de la valeur des êtres et des choses. Non loin de lui, une voiture pour symboliser l’affirmation de soi et un chien pour ce qui est de l’obéissance bête. Et bien sûr, deux femmes et blondes, sans lesquelles tout le reste ne serait pas possible.

Ce riche chirurgien passe aux aveux et à l’attaque, apostrophe le monde et ses voisins. Entre confession et imprécation, ce prototype du séducteur tueur est saisi au plus près de sa folie ordinaire, de sa beauferie désarmante, toute bonne conscience dehors et honte bue.

En s’emparant de la figure tutélaire du médecin chère à Molière, Marielle Pinsard s’aventure dans les eaux troubles du calcul égoïste: notre lieu commun.

L’Alakran lui emboîte le pas et décrypte, loin des pièges de l’auto-justification et de la fausse pitié, notre rapport à l’argent et au pouvoir. Naît alors un théâtre politique (comment faire autrement ?) dans lequel rire et malaise se côtoient en toute camaraderie.